Lorsque les syndics dérapent: l’affaire Urbania

Des comptes reflets pas très transparents

Des comptes reflets pas très transparents

Tout d’abord et en préambule à ce billet il est important de préciser que tout individu qu’il soit une personne physique ou une personne morale a droit à la présomption d’innocence. Les éléments liés à ce que les médias ont appelé l’affaire Urbania font l’objet d’une enquête préliminaire mais personne n’a pour l’instant fait l’objet de condamnations.
Ceci étant dit et posé en préambule il n’empêche que les pratiques de cet administrateur de biens (le 3ème plus gros administrateur français) illustrent un type de dérives et des pratiques plus que douteuses.
Voici le mécanisme qui avait été mis en place. La loi interdit aux gestionnaires de copropriété de faire travailler à leurs profits les fonds des copropriétés qu’ils gèrent. Cette trésorerie destinée à payer les charges courantes et les travaux représentent toutefois un énorme gâteau qu’il serait intéressant de faire fructifier. C’est pourquoi certains administrateurs en « partenariat » avec des banques ont inventé un formidable outil: les comptes reflets.
Qu’est ce qu’un compte reflet. Imaginons qu’un administrateur de biens gère le compte bancaire d’une copropriété et que ce compte soit créditeur de 100 000 euros. Ce compte ne pouvant produire d’intérêts au profit de l’administrateur il va se faire prêter par sa banque 100 000 d’euros sur un compte qu’il possédera. Cette somme étant garantie par les fonds appartenant à la copropriété. Ces 100 000 euros vont alors travailler et produire des intérêts qu’il pourra conserver.
C’est ce mécanisme de comptes reflets qui avait été mis en place entre la Société Générale et Urbania.

Le premier problème c’est que les fonds gérés par Urbania ont eu tendance à baisser. La Société Générale a alors sollicité l’administrateur en lui disant qu’il fallait qu’il augmente les fonds gérés de façon à ce qu’il soient à nouveau équivalents aux fonds mis à disposition sur les comptes reflets. Urbania semble être resté sourd à ces demandes.

Deuxième problème il semblerait qu’Urbania ait utilisé les fonds mis à disposition sur le compte reflet pour financer l’acquisition de cabinets d’administrations de biens. Initialement prévus pour produire des intérêts les fonds des comptes reflets auraient en fait servis à financer des investissements. Selon le Monde du 4 mai ces prélèvements auraient représenté 500 millions d’euros.

Dans cette affaire la société générale semble être exposée à hauteur de 200 millions d’euros. Cela est embêtant mais il faut tout de même avouer que prêter de l’argent à quelqu’un en se garantissant sur des fonds qui n’appartiennent pas à l’emprunteur peut exposer à quelques déconvenues. Le principal problème c’est que les copropriétaires ont assurément pâti de cette gestion ainsi comme le souligne l’UNARC (Union nationale des associations de responsables de copropriétés): « Pour obtenir le maximum d’argent à placer, le syndic va chercher à majorer par tous les moyens les trésoreries disponibles des copropriétés, ce qui va se traduire par un budget gonflé, des prestataires payés avec retard, le refus de placer l’argent au profit des copropriétaires, etc. »

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