Il existe beaucoup de fantasmes relatifs à une taxation du capital qui résoudrait beaucoup de problèmes français. Beaucoup nous expliquent qu’en taxant davantage le capital nous serions en mesure de permettre un départ à la retraite à 60 ans (voir 55 car qui peut le plus peut le moins), d’augmenter les dépenses de l’Etat… Bien que séduisante cette idée ne résiste pas à l’analyse des statistiques de l’économie française.

Tout d’abord il convient de s’entendre sur ce qu’on appelle les revenus du capital. Ces derniers sont majoritairement composés:

- des intérêts des comptes sur livrets, des comptes courants et des revenus obligataires

- des produits des contrats d’assurance vie

- des intérêts de Plan d’épargne logement (PEL), des plans d’épargne populaires (PEP), des plans d’épargne en actions (PEA), plans d’épargne d’entreprise

- des revenus fonciers (c’est-à-dire les loyers)

- des plus values mobilières

- des revenus des capitaux mobiliers.

Il y a également les revenus des livrets "sociaux" (livrets A, jeunes, épargne populaire) mais ceux ci sont exemptés de prélèvements.

Ces revenus représentent 75.7 milliards par an. Contrairement à ce que certains croient ces revenus font déjà l’objet d’une taxation à un taux de 30.1%. Cela signifie que sur les 75.7 milliards 22.7 sont déjà prélevés. Reste donc 53 milliards disponibles. Le déficit annuel permettant de conserver un système de retraite à 60 ans correspond à une dépense supplémentaire d’environ 30 milliards par an. Cela signifie que sur nos 53 milliards ne resteraient plus que 23 milliards disponibles. Ceci représentant un taux d’imposition de 70%.

Cette estimation ne tient pas compte de l’effet d’érosion qu’impliquerait un tel taux d’imposition. En effet avec un taux de prélèvement de 70% tout laisse à penser que ces produits d’épargne seraient délaissés. Ce phénomène réduisant la base taxable et par conséquent impliquant mécaniquement une nécessité d’augmenter le taux d’imposition.

L’étude des chiffres invalide par conséquent l’hypothèse d’une "solution miracle" découlant d’une taxation des revenus du capital.

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